A Gaza, des enfants traumatisés et hantés par des cauchemars

Publié le par ag94

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  D’après une étude réalisée par l’ONG (organisation non gouvernementale) Ard al-Insan à Gaza, 73 pour cent des enfants de Gaza souffrent encore de troubles psychologiques et comportementaux

Mona al-Samouni, 12 ans, est déprimée et revit dans ses cauchemars le jour – il y a un peu plus d’un an – où elle a vu ses parents et un certain nombre de ses proches se faire tuer par des soldats israéliens dans leur maison de Zeitoun, au sud-est de Gaza-ville.

Comme beaucoup d’autres enfants qui ont assisté à des événements terribles lors de l’opération militaire israélienne de l’année dernière dans la bande de Gaza, qui a duré 23 jours, Mona est devenue de plus en plus réservée et silencieuse – une façon courante de surmonter une tragédie, d’après les médecins.

Les chiffres sur les Palestiniens ayant perdu la vie durant cette opération militaire sont variables, mais les ONG estiment que le nombre total de personnes tuées est compris entre 1 387 et 1 417. Les autorités de Gaza font état 1 444 morts, tandis que le chiffre fourni par Israël s’élève à 1 166, d’après la Mission d’établissement des faits de l’Organisation des Nations Unies sur le conflit de Gaza, aussi connue sous le nom de rapport Goldstone.

Le meurtre de la famille de Mona est l’un des incidents les plus tristement célèbres du conflit de l’année dernière à Gaza (voir le diaporama de la BBC), et a fait partie des 11 incidents ayant fait l’objet d’une enquête de la Mission des Nations Unies, « lors desquels les forces israéliennes ont lancé des attaques directes contre des civils conduisant à une issue fatale » et dans lesquels « les faits n’indiquent aucun objectif militaire justifiable poursuivi par l’attaque ». D’après la mission, les forces israéliennes « ont tué 23 membres de la famille élargie al-Samouni » ce jour-là.

« Il y a une détérioration significative du bien-être psychologique des enfants palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza, en particulier depuis la guerre récente », a dit à IRIN Ayesh Samour, directeur de l’hôpital psychiatrique de Gaza.

D’après une étude réalisée par l’ONG (organisation non gouvernementale) Ard al-Insan à Gaza, 73 pour cent des enfants de Gaza souffrent encore de troubles psychologiques et comportementaux, dont notamment des traumatismes psychologiques, des cauchemars, des problèmes de miction involontaire, de l’hypertension et du diabète.

M. Samour a dit que les enfants de Gaza étaient privés d’une enfance normale à cause de l’insécurité et de l’instabilité de leur environnement. D’après lui, une culture de violence et de mort a imprégné leur mentalité, les rendant plus colériques et plus agressifs.

Du fait de la pénurie de professionnels de santé dans la bande de Gaza et du manque d’accès à l’équipement médical, les enfants ne reçoivent pas l’aide dont ils ont besoin, a dit M. Samour.

Selon Basem Naim, ministre de la Santé à Gaza, les hôpitaux et les installations de soins primaires endommagés pendant le conflit de Gaza n’ont pas été reconstruits en raison du blocus du territoire, Israël interdisant l’entrée des matériaux de construction en disant qu’ils pourraient être utilisés pour servir des objectifs militaires.

« Les professionnels de santé à Gaza ont été coupés du monde extérieur », a dit M. Naim.

Hussain Ashour, directeur de l’hôpital d’al-Shifa, l’hôpital principal de Gaza-ville, a dit que l’établissement manquait d’équipement médical et de pédiatres.

 

Projet


Le 25 janvier dernier, Save the Children Suède et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont lancé un projet de création de centres familiaux à Gaza.

« Le projet permettra de garantir le droit à la survie et au développement des enfants exposés aux risques… à travers la création de 20 centres familiaux dans différentes communautés de la bande de Gaza », a dit à IRIN Patricia Hoyos, directrice de Save the Children à Gaza.

« Son rôle principal est de servir une large population et de fournir des services de qualité en matière de protection de l’enfance, d’éducation, de santé et [d’accompagnement] psychosocial à tous ceux qui ont besoin de soutien », a-t-elle dit.

 

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