Un orchestre est né: l'Orchestre national de Palestine

Publié le par ag94

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L'Orchestre national de Palestine (ONP), le premier ensemble de musiciens professionnels classiques d'origine palestinienne depuis la "Nakba" (catastrophe) de 1948, a fait ses débuts ce week-end, à Ramallah, Jérusalem et même en Israël, dimanche soir à Haïfa.
L'ONP, qui compte 44 musiciens palestiniens et internationaux, a joué sa toute première série de concerts vendredi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, puis samedi au palais de l'Alhambra à Jérusalem-Est, et enfin dimanche à Haïfa (nord d'Israël), où vit une importante communauté arabe israélienne.


"Nous sommes enthousiasmés par le lancement de cet orchestre. C'est le rêve de toute une vie et nous avons travaillé de nombreuses années pour le réaliser", a déclaré à l'AFP Suhail Khoury, promoteur du projet et directeur du Conservatoire national de musique Edward Saïd (du nom d'un intellectuel, essayiste et musicologue palestino-américain décédé en 2003), pépinière de la musique classique occidentale et orientale.
"Aujourd'hui, nous sommes témoins de la naissance de l'Orchestre national palestinien, à un moment où la lutte palestinienne pour l'indépendance traverse une de ses phases les plus critiques et difficiles", écrit M. Khoury dans les notes du programme sous le titre "Aujourd'hui un Orchestre, demain un Etat".
"Nous, musiciens, sommes persuadés qu'un Etat ne concerne pas seulement des bâtiments et des routes mais, et c'est le plus important, des gens, leurs valeurs, leurs arts et leur identité culturelle", plaide M. Khoury.
Rassembler ces musiciens palestiniens n'a pas été simple. Le Conservatoire national de musique Edward Saïd a été créé en 1994 avec seulement une poignée d'étudiants passionnés et de professeurs à temps partiel. Aujourd'hui, il compte plus de 40 enseignants et dépasse les 500 élèves.
Au premier programme de l'ONP: , avec la soprano palestino-nippone Mariam Tamari, la symphonie No 4 de Beethoven et le concerto roumain de Gyorgy Ligeti, oeuvre plus difficile dont l'orchestre, sous la baguette du jeune chef suisse Baldur Brönnimann, s'est bien tiré.
Chaque concert a commencé par l'hymne national palestinien --rarement entendu dans Jérusalem-Est annexée et moins encore en Israël-- devant des salles combles et debout.
La majorité des musiciens de l'ONP --une petite trentaine pour le moment, probablement plus à l'avenir-- sont des Palestiniens locaux mais aussi de la diaspora, notamment de Syrie et de Jordanie, où leurs familles se sont réfugiées après la création d'Israël et la première guerre israélo-arabe en 1948. Certains découvraient les Territoires palestiniens pour la première fois.
Mais Suhail Khoury tient aussi à l'apport "enrichissant" de musiciens étrangers de renommée internationale dans l'orchestre.
Pour les années à venir, l'ONP ne se produira qu'une fois par an, avant de devenir un orchestre complet et à plein temps "basé dans une Palestine libre", espère M. Khoury.
L'année prochaine, son maestro devrait être le compositeur et producteur palestino-américain John Bisharat. En attendant que la nouvelle génération de musiciens palestiniens qui étudient à l'étranger ne produise dans quelque temps un chef d'orchestre de classe internationale.

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