Soldates israéliennes, seules femmes au monde à tuer à distance Par Jonathan Cook

Publié le par ag94

 

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Nazareth - On l’appelle « Repérer et Tirer ». Les opérateurs sont assis devant un écran TV d’où ils peuvent contrôler l’action avec une manette du type Play Station. 

 

 

Israël se perfectionne dans la production de techniques d’assassinats extra judiciaires par contrôle à distance. Israël développe actuellement la technique dite « repérer et tirer » pour tuer à distance, une méthode d’assassinat extra judiciaire spécialité des soldates israéliennes. Une société de nanotechnologie israélienne, Nanoflight, veut rendre indétectables missiles drones et avions de combat par les radars.

 

 

Israël ouvre la voie à l’assassinat par contrôle à distance.

L’objectif : tuer. De jeunes femmes servant dans l’armée israélienne y jouent. « Repérer et Tirer » comme on l’appelle dans l’armée israélienne, ressemble peut être à un jeu vidéo mais les personnages sur l’écran sont des êtres vivants - des Palestiniens à Gaza - qui peuvent être tués par simple pression d’un bouton sur la manette. Les soldates, situées loin dans une pièce réservée à ce type d’opérations, sont responsables du ciblage et du déclanchement des mitrailleuses montées sur des tours de contrôle construites à quelques centaines de mètres les unes des autres le long d’une clôture électronique qui entoure Gaza .

Ce système est l’une des dernières techniques d’« assassinat à distance » développée par la société d’armements israélienne, Rafaël, ancienne division de recherche en armements de l’armée israélienne maintenant une société gouvernementale indépendante. Selon Giora Katz, le vice président de Rafaël, ce type de hardware militaire par contrôle à distance tel « Repérer et Tirer » est l’armement du futur. Il espère qu’en une décennie au moins 1/3 des machines utilisées par l’armée israélienne pour contrôler l’espace terrestre aérien et maritime seront automatisées.

L’armée israélienne admet que la demande pour de telles techniques vient pour partie du fait qu’il y a à la fois un déclin des niveaux de recrutement et une population qui est moins prête à risquer sa vie au combat. Oren Berebbi, directeur de la branche technologique, a récemment dit à un journal américain : « nous essayons de placer des véhicules sans pilote partout sur le champ de bataille… Nous pouvons mener de plus en plus de missions sans mettre la vie d’un soldat en danger ». Les progrès rapides faits avec ce type de technologie ont déclenché l’alarme au sein de l’ONU. Philip Alstom, son rapporteur spécial sur les exécutions extra judicaires, a prévenu le mois dernier du danger qu’une « mentalité PlayStation pour tuer » pourrait se développer.

Mais selon des analystes il est peu probable qu’Israël tourne le dos au développement d’un hardware dont il a pris la tête - utilisant les territoires palestiniens occupés et spécialement Gaza comme laboratoires expérimentaux. Les systèmes de contrôle à distance d’armements sont très demandés par les régimes répressifs et les industries de sécurité nationale en développement partout dans le monde. « Ces systèmes en sont encore aux premiers stades de développement mais il y a un important marché croissant pour ceux-ci » a dit Schlomo Brom, général à la retraite et analyste en matière de défense à l’Institut des Etudes de Sécurité Nationale de l’Université de Tel Aviv.

Le système « Repérer et Tirer » - officiellement connu sous le nom de Sentry Tech - a attiré l’attention principalement parce que les opérateurs sont en fait des opératrices, des jeunes soldates de 19 et 20 ans, faisant de ce système d’armement de l’armée israélienne le seul exclusivement manié par des femmes. L’armée israélienne préfère des soldates opératrices de cette technique d’assassinat à distance à cause de ses difficultés à recruter des soldats pour ses unités de combat. « Ces jeunes femmes peuvent mener des missions sans briser le tabou social de mettre leur vie en danger », a dit Mr Brom.

Les femmes sont supposées identifier toute personne paraissant suspecte s’approchant des barbelés entourant Gaza et si elles y sont autorisées par un officier, de l’exécuter en utilisant les manettes. L’armée israélienne qui planifie d’introduire cette technologie le long des autres lignes de confrontations d’Israël refuse de dire combien de Palestiniens de Gaza ont été tués par ses mitrailleuses contrôlées à distance. Selon les médias israéliens on pense qu’il y en a plusieurs douzaines.

Le système est devenu opérationnel il y a deux ans pour surveiller mais les opératrices n’ont pu ouvrir le feu avec que depuis peu de temps. L’armée a admis avoir utilisé Sentry Tech en Décembre pour tuer au moins deux Palestiniens à plusieurs centaines de mètres à l’intérieur de la clôture. Le quotidien Haaretz qui a pu avoir accès, ce qui est rare, à une salle de contrôle de Sentry Tech citait une soldate, Bar Keren, 20 ans, disant la semaine dernière : « C’est très séduisant d’être celle qui le fait. Mais tout le monde ne veut pas de ce job. Ce n’est pas simplement une question de lever la manette comme sur une PlaySation Sony et de tuer, mais en fin de compte c’est pour la défense ».

Des senseurs audio situés sur les tours permettent aux femmes d’entendre le coup tuant la cible. Selon le Haaretz, aucune femme n’a raté sa mission de tuer ce que l’armée israélienne appelle un Palestinien « coupable ». L’armée israélienne qui a imposé une zone tampon à l’intérieur de la clôture qui peut aller jusqu’à 300 m de profondeur dans cette minuscule enclave, a été largement critiquée pour ouvrir le feu sur des civils qui entrent dans cette zone interdite.

On rapporte que Rafaël est entrain de développer une version de Sentry Tech qui tirera des missiles longue portée à guidage laser. Une autre technique de hardware développée récemment par l’armée israélienne c’est le Guardium, une voiture blindée robot qui peut patrouiller un territoire couvrant jusqu’à 80 km par heure, se déplacer à travers des villes, lancer des « embuscades », et tirer sur des cibles. Elle patrouille actuellement les frontières israéliennes avec Gaza et le Liban. Les développeurs israéliens, G-Nius, l’ont appelé le premier « soldat robot » au monde.

Mais Israël est surtout connu pour le développement d’« UAV » - ou drones - comme on les appelle. À l’origine ils étaient conçus pour espionner et ont d’abord été utilisés par Israël au début des années 80 au dessus du Sud Liban, mais actuellement ils sont de plus en plus utilisés pour des exécutions extra judicaires du ciel à des milliers de km.

Jonathan Cook

thenational.ae
planetenonviolence.org

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