Retour sur le festival Proche-Orient : que peut le cinéma ?

Publié le par ag94


arton12743.jpgDu 2 au 13 décembre s’est déroulé le festival Proche-Orient : que peut le cinéma ?. Au terme de ces douze jours, pas de palmarès ni de classement mais une vue d’ensemble, une réflexion, une évaluation de la situation au Proche-Orient.

Un festival sous le signe de l’ouverture et de la discussion. Compte-rendu de la quatrième édition, en attendant la suivante...


Dix jours de projections avec pas moins de 49 films, courts, moyens et longs métrages pour illustrer de manière exhaustive les réalités de pays comme l’Irak, l’Iran, Israël, la Palestine, le Liban. Organisé sous forme de journées thématiques, cette quatrième édition du festival (qui a lieu tous les deux ans, au cinéma Les 3 Luxembourg, à Paris) a permis d’aborder avec précision différents aspects de la situation au Proche-Orient. Jérusalem, la situation des femmes au Moyen-Orient, l’exil, l’Irak, l’Iran ont été des sujets phares.

Chaque journée s’est conclue par une intervention du cinéaste du dernier film projeté, en compagnie de spécialistes et historiens de la question traitée. On retiendra particulièrement la soirée consacrée à Gaza au cours de laquelle l’un des deux cinéastes de Gaza-strophe, Samir Abdallah, passionné par Gaza, son histoire, sa politique, s’est enflammé avec force d’arguments sur la situation catastrophique de la région. Un discours résolument politique et engagé pour convaincre de la nécessité occidentale de s’impliquer pour désamorcer les tensions avec Israël et stopper la catastrophe.
On a également pu apprécier la présence continue d’Hassan Balawi, journaliste en Palestine pendant 17 ans et membre de la mission palestinienne à l’Unesco, dont les interventions fréquentes ont apporté un réel éclairage stratégique et historique aux débats. Sont également intervenus régulièrement au cours de ses douze jours, Michel Warschawski (militant pacifiste israélien, auteur) et Dominique Vidal (essayiste ayant publié plusieurs ouvrages sur la question israélo-palestine) particulièrement passionné lorsque Jérusalem était en question.

Life after the fall de Kassim Abid

Proche-Orient : que peut le cinéma ? s’est ainsi révélé comme un festival absolument nécessaire car il permet non seulement d’avoir accès à une cinématographie malheureusement peu présente dans les réseaux traditionnels actuels de distribution (la majeure partie des œuvres présentées ont été seulement montrées dans des festivals et n’ont toujours pas de distributeurs ou de date de sortie française ou plus largement européenne), mais également - et surtout - de prendre connaissance de la réalité des pays du Proche-Orient à travers les yeux des cinéastes de ces régions ; que ce soit par le documentaire ou par la fiction. C’est ainsi que l’on a pu découvrir le splendide long métrage (2h30) de Kassim Abid, Life after the fall, dévoilant à travers les yeux de sa propre famille les affres de la guerre en Irak ; ou encore I am Palestine de Mourrad Fallah et Jean-Michel Fetaux, première réalisation de jeunes journalistes, qui proposent de découvrir trois facettes du conflit israélo-palestinien, sous un angle peu ou pas abordé dans les médias du monde entier : à travers le parcours de journalistes palestiniens, par le tracé des checks-points et d’après l’histoire de Jérusalem. Une recherche d’approfondissement de l’origine et de la réalité de ce conflit.

Proche-Orient : que peut le cinéma ? est donc un vecteur de communication sur une région du monde en proie à des conflits territoriaux et politiques récurrents. A travers les regards croisés des cinéastes, de confessions plurielles, d’origines diverses, agrémentés des analyses d’historiens ou de journalistes, ce festival se propose comme un encourageant dialogue pluriel des cultures. Rendez-vous en 2011 !

Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. Antoine de Saint-Exupéry.



Marine Bénézech


 
 
 

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