OLP. « Il faut reconnaître dès à présent l’État palestinien » L'Humanité

Publié le par ag94

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Hanna Amireh, membre du comité exécutif de l’OLP, explique pourquoi la gauche palestinienne refuse les discussions indirectes dans les conditions imposées aujourd’hui par les dirigeants israéliens.

Lors de 
la dernière réunion du comité exécutif de l’OLP, la gauche palestinienne s’est démarquée de la majorité en refusant 
la reprise du dialogue indirect avec les Israéliens. Pourquoi  ?


Hanna Amireh. Le comité exécutif a pris la décision d’accepter les discussions indirectes avec Israël. Notre parti, le Parti du peuple palestinien (PPP, communiste), le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front de libération de la Palestine (FLP) étaient contre. D’autres étaient vraiment sceptiques. Donc, effectivement, cela n’a pas été une décision unanime de la part du comité exécutif de l’OLP. D’abord, nous ne pensons pas que ces discussions puissent amener un quelconque résultat. Deuxièmement, nous avons déjà tenté des discussions bilatérales entre les Palestiniens et les Israéliens. Or, il faut se rendre à l’évidence, elles n’ont mené nulle part. Il faut donc réfléchir à une alternative. Principalement pour porter les problèmes des Palestiniens au niveau de la communauté internationale, des Nations unies. Pour essayer d’avoir une reconnaissance internationale des frontières de juin 1967, dans lesquelles nous bâtirions l’État palestinien. Nous ne pensons pas que les Israéliens soient prêts à lâcher quoi que ce soit dans le cadre de relations bilatérales.


Après l’annonce de la création de nouveaux logements de colons à Jérusalem-Est et la tension qui s’en est suivie avec les États-Unis, Mahmoud Abbas n’a-t-il pas lui aussi expliqué qu’il n’était pas question de reprendre les discussions  ?


Hanna Amireh. Les Américains poussent pour qu’il y ait des discussions indirectes. Ils pensent que ce type de discussions aboutira automatiquement à des discussions directes. Pourtant, lorsque Joe Biden était ici, les Israéliens n’ont pas hésité à annoncer la construction de 1 600 logements de colons à Jérusalem-Est. Malgré cela, les Américains continuent sur cette même lancée. De notre côté, une nouvelle décision a été prise. La direction palestinienne a décidé de suspendre toute idée de discussion indirecte avec Israël. Nous attendons la réunion du quartette (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU – NDLR) qui doit se réunir à Moscou le 18 mars.


Quelle va être l’attitude de la gauche palestinienne au sein de l’OLP  ?


Hanna Amireh. Nous sommes convaincus que cette voie, celle de discussions indirectes avec Israël, n’aboutira à aucun résultat. Nous continuons à penser que toute solution sérieuse passe par la négociation. Mais nous ne pensons pas que des négociations sans références, c’est-à-dire les résolutions internationales, sans gel total de la colonisation, amènent des résultats. Tant que les Israéliens n’arriveront pas à cette conclusion, aucune négociation bilatérale ne pourra aboutir à une solution sérieuse. C’est pour cela que nous en appelons à la communauté internationale, que nous voulons qu’elle prenne vraiment en charge le dossier, pour imposer une solution à Israël. Pour cela, il faut une reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967 maintenant et, au niveau économique, arrêter les cadeaux faits à Israël.


Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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