Noël A Bethléem, l’optimisme est de retour

Publié le par ag94

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Bethléem, où est né le Christ. Les autorité israéliennes ont assoupli, cette année, l’accès à cette ville occupée, presqu’entièrement entourée par un mur de huit mètres de hauteur.

 

« C’est comme si on sortait d’un cauchemar interminable. Le sentiment aussi d’être au bout du tunnel… On se réadapte à la lumière », dit Leila, bibliothécaire, la trentaine avenante, dans un grand soupir de soulagement. Elle a les yeux embués en jetant un regard furtif sur la foule dense qui se presse à l’entrée de l’église Sainte-Catherine, qui jouxte la basilique de la Nativité à Bethléem. C’est dans cette église que le patriarche latin de Jérusalem, Mgr. Fouad Twal, a célébré comme à l’accoutumée la messe de minuit. Faute de place, seuls les représentants de l’Autorité palestinienne, les notables locaux, les diplomates étrangers ont pu y avoir accès. La plupart des pèlerins ont suivi la messe dehors sur un grand écran.

Plus de 100 000 pèlerins, venus de tous les horizons, des cinq continents, ont afflué dans la ville de la Nativité pour ce Noël 2010. Les hôtels affichent complet. Les terrasses des restaurants et cafés sont bondés place de la Crèche. Le temps est clément, quasi estival. Ciel d’azur et à midi grand soleil. Des dizaines de cars de touristes stationnent en contrebas.

Le retour des guides israéliens

Pour la première fois depuis l’intifada, on entend sur le parvis de la basilique des sonorités hébraïques. Les guides israéliens y sont en effet de nouveau autorisés à encadrer des groupes de visiteurs étrangers.

Le climat détendu, serein, ne peut faire oublier les années d’épreuve, ne peut masquer le mur — les Palestiniens l’ont surnommé « le mur de la honte » — qui entoure la ville. Cependant à l’occasion de Noël, les militaires israéliens ont reçu pour consigne de desserrer l’étau. Les contrôles sont plus « flexibles ». Même des familles chrétiennes de la bande de Gaza ont pu bénéficier de laissez-passer.

Selon le ministre palestinien du tourisme, Kouloud Daibes Abou Dayyeh, un million et demi de touristes ont visité Bethléem en 2010, soit une augmentation de 60 % par rapport à l’année dernière. Autre précision qui, toujours d’après lui, porte à l’optimisme : « Si en 1995 il n’y avait que six établissements hôteliers, aujourd’hui il y en a 31. Et trois hôtels supplémentaires sont en construction… ».

L’activité économique a repris son essor, en ville et dans les villages des environs, à Beit Jala, à Beit Sakhour. C’est d’ailleurs visible à l’œil nu : beaucoup d’échoppes, d’ateliers, de banques, de magasins et restaurants y ont ouvert leurs portes durant l’année écoulée. « Le retour au calme stimule le retour à la prospérité », constate mon chauffeur de taxi palestinien. « Quand les gens ont le ventre plein, ils sourient plus fréquemment », ajoute-t-il dans un éclat de rire.

Présents à la messe de minuit, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad — celui-ci met en place peu à peu les rouages de l’appareil étatique de son pays — ainsi que le président Mahmoud Abbas, font preuve tous deux d’optimisme. Malgré le blocage du processus de négociation, en dépit de tous les aléas d’une situation politique précaire, ils en viennent à déclarer en commun sur un ton qui se veut convaincant, d’une voix assurée, à la sortie de l’église Sainte-Catherine : « L’année prochaine sera celle de la proclamation de l’État de Palestine aux côtés d’Israël. »

 

De notre correspondant à Jérusalem, Serge Rabinovici

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