Manuel Musallam sur le blocus de Gaza: «On nous traite comme des animaux»

Publié le par ag94

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PROCHE-ORIENT - A l'occasion de la publication de son livre d'entretiens «Curé à Gaza», aux éditions de l'Aube, ce prêtre parcourt actuellement la France et n'hésite pas à commenter l’actualité...

Manuel Musallam vit aujourd’hui dans sa ville natale de Birzeit, près de Ramallah en Cisjordanie. Avec l’accord du patriarche de Jérusalem, il exerce la responsabilité du «Département chrétien du monde» de l’Organisation de libération de la Palestine et celle du comité islamo-chrétien pour l’avenir de Jérusalem. A l'occasion de la publication de son livre d’entretiens «Curé à Gaza», aux éditions de l’Aube, ce prêtre parcourt actuellement la France et n’hésite pas à commenter l’actualité. Il dénonce avec virulence la vie à Gaza depuis le blocus de 2007 décidé par Israël.

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«C’est une vie de bêtes. On nous traite comme des animaux. Les habitants ont besoin de choses matérielles pour la vie quotidienne. Surtout de matériaux de reconstruction. Cela fait le deuxième hiver que les Gazaouis ne peuvent pas reconstruire leurs maisons. Les fenêtres sont toutes cassées. Il manque l’électricité, l’eau l’hygiène, la nourriture. C’est terrible de voir la nuit tombée alors que les enfants ne peuvent pas faire leurs devoirs faute d’éclairage. Les faibles se sentent écrasés, humiliés. C’est cela la douleur d’un peuple. Les enfants n’entendent que les mots guerre, combats. On prépare un monde de haine, de revanche, de révolution. Et le terrorisme va venir avec cela. Si on fait pousser le fumier à Gaza, tout pousse: Al-Qaida, le Hezbollah, l’armée de Mahomet...»

 

L’attaque de la flottille humanitaire par les forces israéliennes
, lundi, ne l’étonne pas. «Pour nous, Palestiniens, cela nous rappelle le passé. Mais cette fois, ce crime a été perpétré à la vue de tous. Alors que depuis près de quatre ans, les habitants de Gaza restent dans l’obscurité.»
  
Le prêtre réagit à la demande de l’ONU de lever le blocus: «Les Nations unies ont la responsabilité de casser le blocus. Mais il ne faut pas s’arrêter là, sinon cela ne servira à rien. Il faut que le Conseil de sécurité se prononce sur la légitimité des actes d’Israël. Ce n’est ni à Obama, ni à Sarkozy, ni à d’autres de dire s’il s’agit de crimes ou pas. C’est bien aux Nations unies de se prononcer pour qu’il y ait enfin des décisions! Et ensuite il pourra y avoir la paix.»
  
Manuel Musallam s’inquiète également de voir qu’une «guerre de terres» pourrait devenir une «guerre des religions». «En Palestine, tout le monde a peur de l’instrumentalisation du religieux. L’action contre la flottille en est l’exemple même, les Israéliens ont visé les musulmans et pas les Palestiniens en particuliers. Mais si une guerre religieuse éclate à Jérusalem, ce sera très dangereux pour le monde entier. La paix serait menacée.»


Carole Bianchi

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