Le témoignage en forme de SOS de trois Palestiniennes - La Voix du Nord

Publié le par ag94

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Dans la salle d'honneur de la mairie de Méricourt, elles parlent et parlent encore. ...

 

Inlassablement, elles racontent le quotidien douloureux d'un peuple qui désespère de voir ses droits reconnus.

La présence de ces trois femmes, venues parmi une délégation de quarante, est déjà un petit miracle. Il a fallu toute l'énergie de l'Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises pour obtenir des autorisations. Leur séjour s'inscrit sous le signe de la Journée des droits de la Femme. Méricourt et Avion, dont les maires Bernard Baude et Jean-Marc Tellier, qui adhérent à l'association, les accueillent jusqu'à demain.

Elles sont donc venues témoigner de leur condition de réfugiés, dans l'espoir de faire réagir le gouvernement et l'opinion française : « Depuis 1994 et les accords d'Oslo, l'ONU, les autorités nationales ont donné le droit aux réfugiés de rentrer chez eux, mais Israël le refuse catégoriquement », explique Suheir, la plus bavarde. Membre d'une association de femmes militantes, elle vit dans un camp de réfugiés en Cisjordanie même. Il lui est interdit de retourner dans sa ville d'origine, près de Jérusalem. « Les Israéliens font la loi, même en Palestine. » Elle parle d'un peuple écrasé « par l'idéologie sioniste. Depuis 1948 (création d'Israël), les sionistes n'ont pas arrêté de persécuter le peuple palestinien pour en amener un autre peuple à sa place. » Suheir distingue les sionistes des Israéliens. « Les souffrances d'aujourd'hui viennent de l'occupation. Avant 1948, les musulmans, les juifs et les chrétiens vivaient en paix, raconte Azba, l'aînée des trois dont la mère fredonnait des chansons juives. Quand l'idéologie sioniste s'est développée, ça a dégénéré. » Azba vit dans un camp de réfugiés palestiniens au sud-Liban. « Les conditions de vie sont très dures, on n'a pas le droit de se déplacer, de travailler. »

Colonisation

Suheir se raccroche aux accords d'Oslo, signés entre Rabbin et Arafat : « Ils prévoyaient de revenir aux frontières de 1967, les Israéliens rendaient des terres, les Palestiniens garantissaient la paix. Ils ont tenu leurs engagements, pas Israël. » Depuis, la colonisation progresse en Cisjordanie. « Les villes sont entourées par des colonies. Les routes sont coupées par des colonies. » « Nous sommes en train de tout perdre », poursuit Azba. L'avenir ? « Israël a un plan. D'ici 2020, il n'y aura plus de Palestiniens en Palestine, un État palestinien sera créé en Jordanie », prévoit Suheir qui appelle au boycott des produits israéliens. Malgré le sentiment d'abandon qu'elles éprouvent, ces femmes conjurent la communauté internationale de s'impliquer. « On ne veut pas la destruction d'Israël, on veut juste le droit au retour. » •

C. L. C.

Une réunion publique est organisée cet après-midi à 14 h à la salle Mouloudji d'Avion avec ces Palestiniennes, par le Collectif avionnais pour la paix et les Femmes solidaires El Fouad.

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