Le mystère des frontières d’Israël par Mohammed Larbi

Publié le par ag94

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Les frontières d’Israël demeurent un mystère tant elles sont régulièrement repoussées avec l’annexion de nouveaux territoires

Même s’ils ont déjà proposé pas moins de six alternatives pour sortir le processus de paix de l’impasse, les Palestiniens étaient toujours invités par les Etats-Unis à formuler des contre-propositions au lendemain de l’offre, et quelle offre devrait-on dire, puisqu’elle a suscité une vague de réprobation même dans les rangs de la majorité du Premier ministre israélien.

Ainsi, ont-ils appelé hier l’Administration américaine et Israël à définir les frontières d’Israël, une question d’une extrême pertinence, car, pour dire vrai, les frontières d’Israël demeurent un mystère tant elles sont régulièrement repoussées avec l’annexion de nouveaux territoires, comme le constatent les Palestiniens invités à négocier des miettes de territoires, sans rapport avec leurs droits nationaux. « Nous demandons officiellement à l’Administration américaine et au gouvernement israélien de fournir une carte de l’Etat d’Israël qu’il veut que nous reconnaissions », a déclaré Yasser Abed Rabbo, un des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduit les négociations de paix avec Israël.

Avec la certitude que cette carte ne sera jamais dévoilée, le dirigeant palestinien, impliqué de longue date dans le processus de négociations et signataire, côté Palestinien, de l’accord de Genève, véritable plan de paix qu’Israël a rejeté, ajoutera que « si cette carte est fondée sur les frontières de 1967 et prévoit la fin de l’occupation israélienne de tous les Territoires palestiniens occupés en 1967, nous reconnaîtrons Israël quel que soit le nom qu’il se donne, conformément au droit international ».

Le Premier ministre israélien a proposé, mardi, d’échanger un gel des colonies contre la reconnaissance d’Israël comme « Etat du peuple juif », la dernière trouvaille de Benyamin Netanyahu que le monde avait dénoncée comme approche raciste.

Les Palestiniens l’ont vivement rejetée, estimant qu’elle n’avait « pas de rapport avec le processus de paix ». Mais pour Washington, « il est important que les deux parties continuent à entretenir les conditions qui permettent aux pourparlers directs de se poursuivre ». Le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley, a insisté sur le fait que « ce n’était pas à Washington de soutenir une option ou une autre. Les Etats-Unis sont favorables à un prolongement du moratoire sur les colonies israéliennes, qui a expiré fin septembre. Interrogé sur la reconnaissance par les Etats-Unis d’Israël comme « Etat du peuple juif », il a affirmé que « nous reconnaissons qu’Israël est, comme le dit son nom, un Etat juif ».

Avant même qu’il ne réponde sur cette question, M. Abed Rabbo avait indiqué que l’occupant israélien rendait le processus de paix au Proche-Orient de plus en plus difficile, en poursuivant sa politique répressive marquée par la reprise de la colonisation, ajoutant que « M. Netanyahu voudrait montrer au monde que la politique américaine d’instaurer la paix a échoué », et qu’il voulait que « le président américain, Barack Obama, son parti démocrate perdent les prochaines élections législatives de novembre ». Il est vrai qu’un succès diplomatique aurait largement aidé Obama et son parti pour ces « mid term » (élections de mi-mandat), comme on les appelle.

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