Et si le monde entier reconnaissait la Palestine ?

Publié le par ag94

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C'est la crainte d'un ministre israélien. De fait, le gouvernement de Netanyahou ne fait pas beaucoup de concessions pour permettre un règlement conjoint vers la paix...

 

Le "monde entier" pourrait reconnaître un Etat palestinien d'ici un an, a averti dimanche dernier, 26 décembre, le ministre israélien Benjamin Ben Eliezer, appelant à une reprise des négociations de paix complètement bloquées.
Cet avertissement du travailliste survient alors que quatre pays d'Amérique latine - le Brésil, l'Argentine, la Bolivie et l'Equateur - ont reconnu la Palestine comme Etat indépendant et que l'Autorité palestinienne mène une campagne active pour la reconnaissance de leur Etat.
"Je ne serais pas surpris si dans l'année à venir, le monde entier, y compris les Etats-Unis, reconnaissait un Etat palestinien. Ensuite, il ne faudra pas s'étonner de la façon dont cela s'est passé", s'est inquiété le ministre de l'Industrie et du Commerce.

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    De fait, les signaux envoyés par les Israéliens aux négociateurs et acteurs de la région ne vont pas dans le sens d'un règlement global du conflit.

     

    Accord intermédiaire

    L'Etat hébreu ne semble pas se diriger vers une amélioration de ses relations avec son voisin turc, excluant toute excuse envers lui après le raid contre une flottille d'aide humanitaire en partance pour Gaza en mai dernier.

    Surtout, les signaux envoyés aux Palestiniens ne mettent pas en lumière une voie de la paix. Ainsi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a qualifié dimanche le gouvernement palestinien d'"illégitime". Le dirigeant du parti populiste Israel Beytenou a également préconisé "un accord intérimaire à long terme" avec les Palestiniens, estimant qu'un accord global était impossible dans un proche avenir.
    Une position identique à celle du Premier ministre Benjamin Netanyahou qui a écarté lundi toute possibilité d'accord global avec les Palestiniens. "Il pourrait y avoir une situation dans laquelle les discussions avec les Palestiniens se heurteraient à un mur sur les questions de Jérusalem et du droit au retour (des réfugiés palestiniens), et dans ce cas le résultat serait un accord intérimaire", a-t-il affirmé à la Chaîne Dix de la télévision israélienne.

     

    Un nécessaire statut final

    Une possibilité immédiatement rejetée par les représentants palestiniens. "Le temps est venu de trancher sur les questions de statut final et d'établir un Etat palestinien sur les frontières du 4 juin 1967", c'est-à-dire sur l'intégralité de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, a ainsi affirmé à l'AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. Une position soutenue également par le principal négociateur palestinien Saëb Erakat qui a réaffirmé lundi que "les solutions transitoires étaient refusées en bloc et dans le détail".
    "Le moment est venu à présent pour des solutions définitives qui englobent Jérusalem, les réfugiés, les frontières, la sécurité, la colonisation, l'eau et la libération de tous les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-il déclaré.

     

    Offensive diplomatique palestinienne

    Et les Palestiniens, frustrés par le blocage des pourparlers, ont décidé d'intensifier dans les prochains jours leurs efforts pour obtenir la reconnaissance de leur Etat.

    Sur le front européen, l'Autorité palestinienne fait campagne pour le rehaussement du niveau de ses représentations diplomatiques, comme l'ont déjà fait la France, l'Espagne, le Portugal et la Norvège. Sur le front sud-américain, le président chilien Sebastian Pinera rencontrera le président de l'Autorité palestinienne le 1er janvier au Brésil, alors que plusieurs pays arabes pressent le Chili de reconnaître l'Etat palestinien. Et l'Uruguay a annoncé son intention de reconnaître courant 2011 la Palestine comme Etat indépendant, comme déjà plus de cent pays.

    Israël s'oppose à l'établissement d'un éventuel Etat palestinien, estimant qu'il doit se faire via des négociations. Aujourd'hui dans l'impasse…

     

    (Céline Lussato – Nouvelobs.com)

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