Charles Enderlin ou l'histoire d'une cabale 20 Minutes

Publié le par ag94

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Charles Enderlin au palais de justice de Paris le 14 novembre 2007. MICHEL EULER/AP/SIPA

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PROCHE-ORIENT - Le journaliste vient de publier «Un Enfant est mort»...

Une histoire de haine. Correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin raconte dans Un Enfant est mort (Ed. Don Quichotte) dix ans d’attaques professionnelles. 

En cause: les images tournées par le correspondant du bureau de France 2 à Jérusalem, au carrefour de Netzarim, à Gaza, montées et diffusées par Charles Enderlin, le 30 septembre 2000, alors qu’éclate la deuxième Intifada et que s’affrontent Israéliens et Palestiniens.

L’émotion puis le soupçon

Elles montrent un enfant palestinien, Mohammed Al-Dura, pris dans une bataille de rues, qui meurt sous des tirs «venus de la position israélienne», affirme le commentaire. Aussitôt, l’image, d’une grande violence, fait le tour du monde et provoque une intense émotion. Mais aussi le soupçon. Puis, petit à petit, l’idée d’un faux fomenté, avec la complicité de Charles Enderlin, visant à faire passer les Palestiniens pour des victimes. Acharnés, ses détracteurs vont tout faire pour dévoiler ce qu’ils considèrent comme une imposture.

Pourtant, bien que peu enclins à reconnaître leur responsabilité dans cette affaire, ni Tsahal, ni l’Etat israélien n’inquiéteront jamais le journaliste, qui poursuit son travail dans la région. La polémique, bien que présente en Israël, n’a jamais atteint les proportions qu’elle a pu prendre en France, où les convictions semblent parfois avoir plus de poids que la réalité du terrain. «Je crois que les organisations pro-israéliennes françaises ont tort d’exercer une telle pression sur les rédactions, car, un jour, cela pourrait leur revenir comme un boomerang», observe Charles Enderlin.

Une histoire du Proche-Orient

En cela, l’histoire d’Un Enfant est mort, est symptomatique des difficultés que peut avoir la presse française à traiter du Proche-Orient. Pour y travailler sérieusement, «il faut juste essayer d’être le plus près possible de la réalité», considère le journaliste, qui a tout de même conscience de déranger car, régulièrement, dans ses livres ou documentaires, il contredit toutes les thèses officielles, notamment ce qu’il appelle «l’entreprise de diabolisation de Yasser Arafat», après le sommet de Camp David, en 2000, accusé d’avoir manqué la paix.

Pas facile tout de même lorsqu’un collectif d’associations, parmi lesquelles la Ligue de défense juive, vous remet le prix Goebbels, transformé en prix de la désinformation, alors qu’une partie de votre famille a disparu dans les camps d’extermination. Ce livre n’arrêtera rien, il le sait, la région est le lit des complots. Et ses détracteurs trop heureux d’avoir trouvé un combat à leur mesure. 

 

Armelle Le Goff

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