62 ans après la dépossession, "Leur indépendance, notre Nakba" Saed Bannoura

Publié le par ag94

 

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Alors qu’en Israël on célèbre l’indépendance, des milliers de manifestants palestiniens marchent vers l’un des 500 villages palestiniens détruits en 1948, près de Al Teera


Des milliers de Palestiniens, portant des drapeaux palestiniens et des pancartes avec le nom des villages palestiniens détruits [1], ont manifesté mardi 20 avril de la ville arabe d’Al Teera jusqu’aux ruines du village de Miska qui fut détruit et dont les habitants furent chassés quand Israël fut créé sur la terre palestinienne. Les manifestants ont chanté des slogans contre l’ occupation israélienne et ses crimes contre les Palestiniens et leurs villages. Ils ont aussi scandé les noms des centaines de villages détruits pendant la Nakba [2].


Les Palestiniens qui vivent dans le territoire de 1948 [3] commémorent le 62ème anniversaire de la Nakba quand des centaines de milliers de Palestiniens furent déplacés [4] et que des centaines de villes et villages furent rasés lors de la création d’Israël.


Il y a 13 ans, les Palestiniens et les Arabes qui vivent dans le pays ont décidé que leurs manifestations pour commémorer la Nakba s’intituleraient toujours « Leur Indépendance, Notre Nakba”, en référence à la création d’Israël en Palestine par le déplacement de la population indigène et le vol de leurs terres et de leurs foyers [5] .


Le parlement israélien a voté une décision préliminaire en mars dernier, interdisant toute commémoration de la Nakba et donnant instruction au gouvernement de pénaliser financièrement les municipalités ou conseils de village qui participent aux commémorations de la Nakba [6].


Le gouvernement n ’apportera aucun soutien aux conseils qui


1. Ne reconnaissent pas Israël comme Etat juif, 2. Incitent au “racisme”, à la “Violence” et au “Terrorisme”, 3. Soutiennent la lutte armée, les actions armées et des groupes ou pays qui combattent Israël, 4. Marquent “l’Indépendance israélienne” en tant que Nakba ou un jour de deuil, 5. Diffament le drapeau d’Israël et son symbole ou s’y attaquent.


Le député arabe, leDr. Jamal Zahalka de l’Assemblée nationale démocratique, a déclaré que les Arabes n’ abandonneront pas le Droit au Retour , qu’ils n’oublieront pas et ne pardonneront jamais aux responsables du crime que fut la Nakba, l’expulsion des habitants, l’occupation et le racisme.


Il a dit à Arabs48 [7] qu’alors qu’Israël célèbre sa supposée indépendance, le monde doit savoir que cette indépendance est un grave mensonge.


“C’est vrai, le mandat britannique a pris fin en 1948, mais l’occupation qui a remplacé l’ occupation britannique est bien plus dangereuse”, a affirmé Zahalka , “Ce qui a remplacé l’occupation britannique est un projet sioniste qui a chassé les résidents [palestiniens] et continue de les déraciner de leurs terres. Ce projet sioniste est soutenu par les puissances internationales qui ignorent et bafouent les droits des Palestiniens, leur histoire et leur existence même”.


Il a ajouté que la loi israélienne qui interdit la commémoration de la Nakba est une loi raciste mais que les Arabes la défieront et s’y opposeront.


“C’est une loi raciste, une nouvelle preuve de la banqueroute idéologique et morale des sionistes. Une loi qui interdit aux habitants de commémorer leur souffrance et d’exprimer leur douleur est une loi raciste”, a déclaré Zahalka, “Cette loi et de nombreuses autres lois racistes du même genre sont [a contrario] la preuve qu’Israël ne peut pas et ne pourra pas éliminer l’histoire du peuple palestinien indigène ; c’est notre histoire, notre terre, et ils ne pourront jamais nous en déraciner”.




[1] environ 500 villages palestiniens furent détruits par les milices juives puis l’armée israélienne à partir de 1947, pour faire la place libre à ce qui allait devenir Israël, lors d’une déclaration unilatérale des dirigeants sionistes, dont le criminel Ben Gourion, en 1948

[2] catastrophe en arabe

[3] actuel Israël

[4] dans cette « catastrophe », environ 900 000 personnes furent chassées par la terreur des milices juives puis des soldats, forcées à l’exode et à l’exil.

[5] il s’agit ni plus ni moins de nettoyage ethnique, reconnu maintenant comme tel par des historiens israéliens honnêtes, qui a fait des Palestiniens un peuple de réfugiés en grande partie, réfugiés qui vivent pour la plupart dans des conditions lamentables dans des camps dans les pays arabes voisins où en Palestine occupée et qui 62 ans après la dépossession de leur terre et de leurs biens exigent toujours le droit au retour que le droit international leur donne.

[6] apartheid flagrant, quand des citoyens sont soumis à des pratiques gravement discriminatoires parce qu’ils appartiennent à une minorité ethnique : les Palestiniens qui ne furent pas expulsés en 48 sont aujourd’hui citoyens israéliens mais sans avoir tous les droits des Israéliens juifs.

[7] pour les internautes arabisants : http://www.arabs48.com/

publié par Imemc

http://www.imemc.org/article/58489

Titre, intro, traduction et notes : C. Léostic, Afps

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