Marwan Barghouthi : symbole de l’Intifada en prison

Publié le par ag94

Pal Telegraph



Marwan Barghouthi, qui a été élu au Comité central du Fatah palestinien mardi, est depuis longtemps un des dirigeants palestiniens les plus populaires ; il a été considéré comme l’organisateur de la deuxième Intifada qui a éclaté en 2000.

Ramallah

Marwan Barghouthi

Israël a arrêté le dirigeant cisjordanien du Fatah, âgé de 50 ans, en Israël au mois d’avril 2002 et l’a condamné à cinq peines de perpétuité pour meurtre deux ans plus tard, étant donné le rôle qu’il avait joué dans les attaques mortelles contre des Israéliens pendant le soulèvement.

Pendant le temps qu’il a passé derrière les barreaux, celui qui était auparavant considéré comme le successeur naturel de Yasser Arafat, et du président actuel, Mahmoud Abbas, est resté très populaire dans la rue palestinienne.

Il a été l’un des principaux architectes de l’Intifada de 2000, mais il s’opposait aux attaques contre les civils en Israël y compris contre les nombreuses attaques suicides émanant de groupes armés.

« Je m’oppose fermement aux attaques contre les civils à l’intérieur d’Israël, notre futur voisin » écrivait Barghouthi dans le Washington Post en 2002.

« [Mais] je me réserve le droit de me protéger et de résister à l’occupation israélienne de mon pays ainsi que le droit de lutter pour ma liberté ». Le dirigeant, un homme courtois qui parle couramment l’anglais et l’hébreu, a préconisé la formule des deux états comme solution au conflit qui dure depuis des dizaines d’années.

« La vaste majorité des Palestiniens - et moi-même - sommes prêts pour une réconciliation historique basée sur les résolutions internationales qui conduiront à la création de deux Etats » a-t-il dit.

« Nous sommes prêts pour une réconciliation qui donnera à nos enfants et aux vôtres une vie sans menaces de guerre et d’effusions de sang ». Barghouthi a vivement critiqué la prise de pouvoir sanglante du Hamas dans la bande de Gaza en 2007, parlant d’un « coup d’Etat militaire » que le mouvement islamiste, grand vainqueur des élections de 2006, avait organisé contre l’Autorité palestinienne.

Depuis sa prison, il a réitéré ses appels à la réconciliation entre Palestiniens.

Par le passé, Israël a généralement refusé de libérer des prisonniers palestiniens ayant du « sang sur les mains » - ceux qui avaient été impliqués dans des attaques mortelles contre des Israéliens - mais un nombre grandissant de ministres soutiennent la libération de Barghouthi.

Celui-ci est largement considéré - y compris par certains Israéliens - comme le seul dirigeant qui puisse maîtriser potentiellement les factions armées et mobiliser le soutien pour une paix historique qui créerait un État palestinien indépendant.

Ephraim Sneh - ancien ministre adjoint à la Défense qui a visité Barghouthi en prison - a dit « il serait plus utile hors de prison qu’à l’intérieur ». Et le ministre de l’Environnement, Gideon Ezra, a fait au moins trois démarches auprès du Premier ministre, Ehud Olmert, pour la libération de Barghouthi qui renforcerait l’autorité d’Abbas, soutenu par l’Occident.

Barghouthi est né dans un village près de la ville cisjordanienne de Ramallah, le 6 juin 1959. Il a étudié à l’université de Beir Zeit proche. Il a passé plusieurs années dans une prison israélienne avant d’être exilé en Jordanie pendant la Première Intifada en 1987.

Il est rentré en Israël après les accords de paix d’Oslo en 1993 et a été élu au parlement palestinien lors des premières élections qui ont suivi l’octroi d’une autonomie limitée au territoire.

Il a toujours eu une réputation de politicien coriace, implacablement opposé à l’occupation israélienne et prêt à mobiliser l’opinion publique - ou selon les Israéliens, la résistance armée - contre Israël.

En août 2001, après qu’un missile israélien eut frappé une voiture de son escorte, il a juré d’escalader les opérations militaires contre l’État juif.

L’armée israélienne ciblait notamment Barghouthi lorsqu’elle a lancé une attaque massive contre les combattants de Cisjordanie en 2002 ; en avril de la même année, il était arrêté.

Dès les premiers jours de l’Intifada, les Israéliens l’ont accusé d’orchestrer l’activité des jeunes jeteurs de pierre palestiniens affrontant presque quotidiennement les troupes israéliennes.

Mais il a toujours insisté que « ce n’est pas moi qui dirige l’Intifada c’est le peuple ».

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Traduction de l’anglais : Anne-Marie Goossens

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