L’un des dirigeants emblématiques de la lutte populaire non violente de Bil’in a été arrêté par les troupes d’occupation israéliennes.

Publié le par ag94

http://www.france-palestine.org/article12416.html

L’un des dirigeants emblématiques de la lutte populaire non violente de Bil’in a été arrêté par les troupes d’occupation israéliennes.

Il doit être libéré immédiatement !!!

Mohammed Khatib, défenseur inlassable des droits de son village dont les terres sont volées par la colonisation illégale que mène Israël et le mur de spoliation qu’il continue d’y construire en violation du droit international, avocat infatigable de la lutte non violente et inventeur créatif de formes nouvelles de cette lutte, a été kidnappé chez lui par les soldats de l’occupant.

Cette arrestation montre bien à la fois le refus obstiné de la paix par l’occupant israélien de la Palestine et la peur qu’il ressent devant cette forme de lutte qu’il ne sait pas arrêter.

Nous devons faire libérer Mohammed Khatib et tous les résistants qui comme lui se battent pour le droit et pour leurs droits, contre l’occupation et la colonisation.

Envoyons des lettres à l’ambassade d’Israël en France, avec copie au Ministre des Affaires étrangères français.

 Ambassade d’Israël 3 rue Rabelais 75008 PARIS fax : 01 40 76 55 55 information@paris.mfa.gov.il

 Ministère des Affaires Etrangères 37 quai d’Orsay 75007 PARIS Pour écrire, allez sur le site http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/na...

Exigeons que le droit prévale sur la violence de l’occupation.

Une militante canadienne de la solidarité avec le peuple palestinien a pu rencontrer Mohammed dans la prison d’Oger (située illégalement en Cisjordanie occupée). Voici ce qu’elle écrit aux Anarchistes contre le Mur qui appuient les villageois de Bil’in dans leur résistance populaire non violente :

Chers amis et camarades,

Je reviens de la prison d’Ofer où j’ai pu rencontrer notre cher ami Mohammed Khatib .

Il me demande de vous envoyer ce message, en amitié, en remerciement et en solidarité.

Ca a pris du temps ce matin à Ofer et nous avons eu de la « chance » de passer une heure à parler ensemble (à travers une vitre et par téléphone, remarquez). Ma première préoccupation était sa santé, il y a eu des rumeurs de grippe porcine à Ofer et sa femme et ses amis voulaient être sûrs qu’il n’est pas malade. Mohammed m’a rassurée, il va bien. Mais il est inquiet car la grippe dans la prison ne semble pas une grippe banale et les malades ne sont mis à l’écart des autres et ne reçoivent pas de traitement approprié (seulement de l’Acamol !). Il dit aussi qu’il n’y a pas assez de vaisselle et de couverts aussi les détenus doivent les partager (ils risquent ainsi de tomber malades, grippe porcine ou pas). Pour l’instant il fait avec des verres en plastique.

Nous parlons aussi de sa détention et il reconnaît qu’elle peut durer plus que cette semaine et demi. Mais pour lui cela fait partie de la lutte - une épreuve de plus dans une lutte qui ne s’éteindra pas et un nouveau chapitre dans sa vie et ses expériences (et un chapitre de plus dans le livre qu’il écrit).

Après des années d’amitié et notre tournée au Canada, il arrive encore à me surprendre. Il n’a pas grand chose à lire en prison mais il a trouvé récemment un vieux numéro de Haaretz en anglais avec une photo de la manifestation de Bil’in, le premier vendredi de juillet, quand les manifestants avaient levé le drapeau de la conférédation que la nation Mowhawk leur avait offert lors de notre visite dans la réserve Akwasasne à la frontière entre la Canada et les Etats-Unis, en échange du drapeau palestinien qui fut planté là- bas. Bien que la photo date d’avant son arrestation, ça lui a fait plaisir et l’a ragaillardi, et ça lui a donné l’occasion de s’entraîner à lire en anglais, ce qu’il apprécie.

Je lui ai donné des nouvelles de ce qui se passe sur le terrain, de sa famille, du village et des militants comme Neta Golan – des réseaux de solidarité internationale, des dons de soutien, de la pression politique. Il est satisfait que le projet de la Conférence de Bil’in de créer un réseau international prenne finalement forme sur le terrain même si les circonstances ne sont pas excellentes.

Je lui ai raconté la visite dimanche dernier au village de 3 parlementaires canadiens. Visite réussie. Ils lui ont exprimé leur solidarité, en tant qu’élu comme eux, et sont indigné qu’il ait été arrêté pour des raisons politiques.

Je lui ai donné des nouvelles du monde. Je lui ai lu une belle lettre de Michael Sfard, et lui ai donné les salutations de dizaines de personnes, d’ Israël au Canada. Il vous en renvoie dix fois plus !

Il répète à l’envie qu’il va bien, qu’on ne doit pas s’inquiéter. Il ne souffre pas et ne s’ennuie pas. Il s’emplit l’esprit d’images de Bil’in et de la lutte et voit le temps qu’il doit passer ici comme une sorte de « vacance » qui lui permet de réfléchir et de trouver de l’ inspiration. Dans sa tête il écrit de nouvelles pages de son livre. Il dort et mange correctement. Ce qui lui manque, c’est le narguilé qu’on ne lui laisse pas fumer (il est bien content de ne pas être fumeur !).

Il a confiance, il pense que ça va s’arranger parce qu’il n’a rien fait de mal et n’a rien à cacher. Il dit qu’il a eu de la chance de ne pas être arrêté jusqu’à maintenant et que ce n’est qu’une question de temps. Ca ne va pas le décourager et il espère que ça ne va pas NOUS décourager.

Il espère que les gens viendront à l’audience au tribunal jeudi et que la manifestation de vendredi sera massive.

Je lui dis en partant de tenir bon. Il me dit la même chose. C’est un combat commun, après tout.

Emily

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