L’agression israélienne a rasé 1,8 mille hectares de terrains agricoles palestiniens

Publié le par ag94


Dr. Mohammed Al-Agha est le ministre de l'Agriculture dans le cabinet d'Ismaël Haniyeh, Premier ministre palestinien. Il a accordé une interview à notre Centre palestinien d'information (CPI).

(JPG)

 

Dans leur guerre agressive menée contre Gaza, les Israéliens ont rasé plus de 1,8 mille hectares de terrains agricoles palestiniens, représentant une perte directe de 174 millions de dollars et 413 millions de dollars de perte indirecte, dit-il.

En effet, les occupants israéliens ne mènent pas uniquement une guerre militaire pour anéantir le peuple palestinien. Ils conduisent une guerre totale, contre sa vie, son économie, son agriculture... Une guerre totale, ouverte, sans limite, sans morale.

Monsieur le ministre nous a parlé de l'agriculture résistante, une agriculture qui pourra amener le peuple palestinien vers une autonomie agricole.

Dans l'interview ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins, monsieur le ministre nous a parlé de ces sujets et d'autres.

Les pertes

CPI : La dernière guerre agressive israélienne menée contre Gaza a été totale, contre toute la vie palestinienne dont l'agriculture. Dans ce domaine, quelles en sont les conséquences ?

Dr. Al-Agha : Les terrains agricoles, d'une superficie dépassant les 25 kilomètres carrées, étaient, tout au long de la guerre, le sujet d'une destruction totale, avec toutes les infrastructures de ce domaine. Les pertes sont très importantes.

Dans le domaine agricole, les pertes totales dépassent 174 millions de dollars, sans parler des pertes indirectes (dépassant les 413 millions de dollars).

Les forces israéliennes d'occupation ont coupé 10 062 arbres fruitiers. Elles ont détruit 1 016 kilomètres carrés de terrains couverts, 2 704 kilomètres carrés de potagers... 717 puits, entre autres.

50% de poulaillers et 150 fermes abritant toutes sortes d'oiseaux ont également été démolis.

Notons que les pertes de l'Intifada d'Al-Aqsa avaient déjà dépassé un et demi milliard de dollars.

Destruction acharnée

CPI : Ne croyez-vous pas que la destruction des terrains agricoles par les occupants israéliens soit systématique ?

Dr. Al-Agha : Absolument. Les Sionistes procèdent à une destruction de toute l'économie de la bande de Gaza. Ils ont fait beaucoup de dégâts à la production animale. Plus de vingt mille familles palestiniennes ont perdu leur gagne-pain. Ils ont détruit 50% des fermes poulaillers. Ainsi, le prix ne cesse de grimper. Beaucoup de Palestiniens sont désormais privés de protéines. Les maladies font des ravages, faute d'immunité.

Lors de la dernière guerre de Gaza, détruire le domaine agricole n'était pas un hasard. Cela ne s'est pas produit juste pour protéger les soldats. C'est une stratégie et non une tactique. Ne répètent-ils pas que c'est l'agriculture qui met en échec leur blocus et leur guerre ?

Destruction ciblée

CPI : Pourquoi les occupants israéliens ciblent des zones en particulier ?

Dr. Al-Agha : Je vous donne un exemple. Beit Hanoun a été cette fois moins prise pour cible ; tout simplement parce que ses terrains avaient été rasés auparavant. Alors, il ont attaqué l'est de la ville de Gaza, la zone industrielle de produits alimentaires. Ils ont pris en cible les zones d'Az-Zaytoun et Khozaa, des zones riches pour leur agriculture.

Guerre ouverte

CPI : La guerre a pris fin. Les agriculteurs auront-ils la chance de reprendre leur travail maintenant ?

Dr. Al-Agha : Pas du tout. La guerre n'est pas fini. Elle ne vient que de commencer. L'Entité sioniste ira loin dans ses agressions, non seulement en Palestine, mais aussi à l'extérieur.

Au-delà des frontières

CPI : Voulez-vous dire que l'occupant israélien mène une guerre économique contre des pays arabes ?

Dr. Al-Agha : C'est évident. Une fois, il exporte des maladies, des épidémies. Une autre fois, il essaie de barrer la route sur leurs exportations...

La crise alimentaire

CPI : La bande de Gaza souffre-t-elle actuellement d'une crise alimentaire, renforcée par une hausse de prix, surtout celui de la viande ?

Dr. Al-Agha : Bien évidemment. Gaza vit entre deux feux. Le feu de la guerre militaire déclarée et le feu de la guerre d'agriculture non déclarée. Cette dernière se concrétise par le rasage de terrains, le déracinement d'arbres, l'assassinat de bêtes...

Il est clair que les occupants israéliens mènent une guerre que nous pouvons l'appeler « La guerre de protéines ». Le ministère de la santé de Gaza constate la montée en flèche de toutes sortes de maladies liées au manque de protéine : anémie, fragilité des os, entre autres.

Le rôle du blocus

CPI : Quel y sera le rôle du blocus ?

Dr. Al-Agha : Le blocus est très destructif. Et par son application, l'Etat d'occupation espère obliger les Palestiniens à baisser les bras.

L'interdiction d'arriver de Gaza et de nourrir les animaux ne fait qu'empirer la crise. Les bêtes n'entrent pas dans la bande de Gaza. Et le peu qui existe est sujet à massacres systématiques. Des facteurs qui ne font qu'aggraver le manque de viande et de produits laitiers.

En dépit de tout cela, le peuple palestinien, dans la bande de Gaza, avec son gouvernement résistant, besognent pour mettre en échec les outrages de l'occupant israélien.

Les armes prohibées

CPI : Des armements prohibés ont été utilisés durant la guerre. Quels seront leurs impacts, à long terme, en particulier sur l'eau et l'agriculture ?

Dr. Al-Agha : Ces armes, dont le phosphore blanc, pourront contaminer la terre, les plantes et les animaux, dans la profondeur. Il est certain que les eaux souterraines ont été touchées...

Le rôle du gouvernement

CPI : Que fait le gouvernement pour atténuer les dégâts et leurs conséquences ?

Dr. Al-Agha : Le gouvernement assume un rôle important. Il soutient les victimes de la guerre agressive israélienne menée contre Gaza.

Un paquet d'un million de dollars est en cours de distribution dans le domaine de l'agriculture.

L'agriculture résistante

CPI : Vous parlez de l'économie agricole résistante. De quoi s'agit-il ?

Dr. Al-Agha : Nous voulons dire par l'économie résistante la capacité à s'adapter à toutes les conditions. Le soutien de l'homme et son attachement à sa terre. L'arrivée à autonomie économique. L'équilibre entre la production et l'importation. La stabilité des prix. La préservation de l'environnement et de l'eau.

Un plan stratégique pour le développement de l'agriculture continuera à soutenir les olives, les dattes, les poissons.

2010 sera l'année de l'agriculture biologique.

(JPG)Les terrains agricoles, d'une superficie dépassant les 25 kilomètres carrées, étaient,
tout au long de la guerre, le sujet d'une destruction totale...

14 avril 2009 - Centre palestinien d'information

Commenter cet article