Taybeh- achetez palestinien !

Publié le par ag94




Ecrit par Younes Salameh   
11.03.09

TAYBEH - C'est le jour du brassage à Taybeh. Les employés travaillent depuis six heures du matin, surveillant l'établissement et le processus de production de la bière national de Palestine.


Nadim Khoury a quitté Boston dans la Massachussetts pour retourner en Palestine en 1984. Lorsque les accords d'Oslo ont été signés, il a décidé de démarrer son activité de brasseur dans son village natal, Taybeh, à 15 kilomètres du centre de Ramallah.

« Le brassage a toujours été ma passion, mais je suis retourné en Palestine parce que je voulais investir dans mon pays », a t'il déclaré au PNN lundi.

Ce qui a commencé comme un petit investissement privé risqué s'est développé à l'échelle mondiale avec des acheteurs du Japon ou de Belgique. Khoury souligne que l'avenir de l'économie Palestinienne dépend de la croissance des investissements locaux.

« Nous ne pouvons pas construire un état Palestinien indépendant basé sur l'aide internationale. Nous avons besoin d'investisseurs locaux et Taybeh est l'exemple d'une aide permanente. »

Bien que Taybeh est l'un des rares succès économique en Palestine, la micro-brasserie est encore confrontée à de nombreuses difficultés en raison de l'occupation. Chaque crise dans le pays frappe les affaires et les ventes ont chuté au cours de la deuxième Intifada et des attaques israélienne sur la bande de Gaza en décembre dernier.

La communauté internationale est l'un des plus grands consommateurs de bière en Palestine, alors quand ils partent en période de turbulence, la perte de revenu se ressent pour la famille Khoury. De plus, les autorités israéliennes font de leur mieux pour étouffer une économie palestinienne autonome.

Pour accéder à l'ensemble du marché mondial de la bière, Taybeh n'a pas d'autre choix que de passer par le marché Israélien et d'emprunter les frontières et les voies aériennes que les autorités de l'occupation contrôlent.

Nadim Khoury souhaite commercer librement, mais les contrôles à la frontière israélienne lui rendent la tache difficile. Ainsi, pour approvisionner Jérusalem, l'entreprise est obligée de tout décharger au check point de Betunia et de faire passer les cartons de bouteille séparément du véhicule. Toutes les bouteilles sont contrôlées par l'armée Israélienne et le chauffeur doit attendre pendant des heures avec sa cargaison en plein soleil. Khoury s'efforce d'exporter ses projets mais les obstacles sont nombreux. Ainsi, ses barils de bière doivent passer au rayon x pour alimenter Tulkarem ou Hébron en Cisjordanie.

'' Je dois couper le baril en deux, pour montrer qu'ils ne contiennent que de la bière. J'ai également proposé de signer un document d'assurance, mais rien n'a fonctionné'' Les nombreux barrages routiers, les zones fermées, l'accès aux routes de plus en plus limités pour les entreprises compliquent considérablement la distribution à l'intérieur de la Cisjordanie. Passer d'une ville à l'autre prend beaucoup plus de temps que l'habitude, ce qui augmente le coût du transport et une gêne pour les pilotes.

Le chauffeur Mishirki Hanna vient de terminer le chargement de son camion pendant la visite du PNN. Avant de se rendre a Jéricho pour le déchargement, il témoigne des difficultés dans le transport :

« J'ai besoin de prendre une route pour me rendre a Jéricho et une autre pour le chemin du retour » dit-il.
Pour le trajet aller, il emprunte la route des colons de Jéricho, toujours en construction selon Israël, Si le chauffeur avait une permission, il pourrait emprunter le même trajet pour le retour. Au lieu de cela, le trajet retour lui prend lui une heure de plus.

« Le produits Israéliens inondent la Palestine, alors que nous sommes obligés de payer pour leurs contrôles de sécurité », explique Khoury.

Il se félicite d'un boycott des produits Israéliens, mais souligne qu'il aurait dû être lancé beaucoup plus tôt. «C'est un peu trop tard pour cela, nous aurions dû faire cela juste après la signature des accords d'Oslo. Maintenant, je ne dirais pas boycottez mais achetez des produits Palestiniens. »

Nadim Khoury reste positif, malgré tous les obstacles. Il estime que la justice viendra, même si cela prendra du temps. Dans l'attente d'un état Palestinien indépendant, il peut toujours être fier de sa bière palestinienne (PNN)

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