Gaza: Madame Françoise Baud, Maire de Valenton en réponse à l'Ambassadeur d'Israël

Publié le par ag94

Valenton, le 10 février 2009


Monsieur Daniel SHEK

Ambassadeur d'Israël en France

3, rue Rabelais

75008 PARIS


Cabinet

du Maire

tel. 01.43.86.37.37

fax. 01.43.82.73.14



Monsieur l'Ambassadeur,


La lecture de votre courrier du 13 janvier dernier a suscité ma profonde indignation. Vous vous inscrivez, dites-vous, en faux contre chacune de (mes) accusations qui sont offensantes pour le pays que (vous) avez l'honneur de représenter, et totalement infondées et déconnectées de la réalité...


Il serait donc offensant et infondé de dénoncer, comme je vous l'écrivais le 31 décembre, « l'attaque de l'armée israélienne contre la bande de Gaza » qui a fait officiellement 2 000 morts et d'innombrables blessés ? Offensant et infondé d'exiger qu'au lieu de « déclencher une offensive terrestre dévastatrice, après les bombardements meurtriers », « cette tuerie cesse sans délai et sans condition » ?


Il serait offensant et infondé d'écrire que votre armée a bombardé « des maisons, des magasins, des dépôts de vivres, des ministères, des mosquées, des hôpitaux, des universités et même des prisons » ?


Il serait offensant et infondé d'affirmer que « rien, pas même les tirs de roquette du Hamas contre la population israélienne -évidemment condamnables, et que je condamne fermement- ne peut justifier semblable barbarie » ?


Il serait offensant et infondé d'exiger, comme je l'écrivais, que votre gouvernement « cesse les bombardement et le blocus, reprenne le dialogue avec l'Autorité palestinienne et applique les résolutions de l'ONU » ?


Poser ces questions, c'est y répondre. L'indignation, les condamnations très largement exprimées par l'opinion publique mondiale et de nombreux gouvernements -y compris ceux qui vous sont habituellement favorables- ne laissent d'ailleurs aucune place au doute. Cependant, avec beaucoup de regret, je constate que vous préférez honteusement déformer mes propos.


Où avez-vous vu que le maire de Valenton se ferait, ce sont vos propres termes, l'avocate du Hamas ? Qu'elle soutiendrait l'extrémisme et le fondamentalisme ? Traiterait avec dérision les tirs de roquettes sur la population israélienne ? Ferait le choix d'ignorer et de railler la souffrance du peuple d'Israël ?

.../...


D'aussi graves, aussi absurdes contrevérités me laissent pantois.


En effet, contrairement à vos allégations mensongères, notre condamnation de l'acharnement inhumain de l'armée israélienne, et notre solidarité avec le martyr du peuple palestinien ne souffrent d'aucune ambiguïté. Elles n'ont rien à voir avec un quelconque soutien au terrorisme, ni avec la moindre complaisance envers l'intégrisme. De tout temps nous avons dénoncé et condamné avec la plus grande fermeté tout acte de terrorisme, d'où qu'il vienne.


Comment ne pas être révolté de voir autant d'enfants, de civils innocents tués ? Comment ne pas être indigné devant l'anéantissement méthodique de toutes les infrastructures ? Devant ce champ de ruines que Gaza est devenue sous vos bombardements ? Tous les observateurs présents sur le terrain, le confirment : des exactions relevant de crime contre l'Humanité ont été commises. Et l'usage de bombes au phosphore contre des civils n'est pas la moindre !


Au fond, vos propos peuvent laisser entendre que la condamnation de la politique israélienne s'apparenterait à de l'antisémitisme. Une telle insinuation est indigne. Rien, ni dans l'histoire de la Ville de Valenton, que je dirige, ni dans celle du Parti Communiste Français, auquel j'appartiens, ne l'autorise. Bien au contraire ! Ni l'une ni l'autre n'ont jamais cautionné l'antisémitisme, le racisme, en France ou dans le monde. A ce sujet, dois-je vous rappeler que si, pour la justice, l'antisémitisme et le racisme ne constituent pas des opinions, mais des délits, c'est en vertu de la loi Gayssot, du nom de l'ancien ministre communiste ?


Dans cette région du monde, une paix juste et durable passe certes par le droit à la sécurité d'Israël, mais aussi par la reconnaissance des droits nationaux des Palestiniens. Cela implique un Etat libre et viable sur la base des résolutions de l'ONU, tenues pour lettre morte par les différents gouvernements israéliens depuis 60 ans !


Aujourd'hui, il est donc urgent et impérieux de faire respecter le droit international dans son intégralité, de lever tout blocus sur Gaza. Et j'ajoute : de juger les crimes de guerre qui ne doivent pas rester impunis.


Comme le déclarait Théo Klein, ancien président du CRIF : « Seuls la parole, le dialogue et la reconnaissance mutuelle peuvent sauver l'avenir de ces deux peuples ». Les négociations doivent reprendre et aboutir à la sécurité des deux peuples. Le jusqu'auboutisme des faucons israéliens ne fait qu'éloigner toute perspective de paix.


Recevez, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations pacifistes.

Le Maire



Françoise BAUD




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